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Jean 9 . Prédication du 25.9.16 (Culte Malagasy)par la pasteure Jeanne Somer-Goetland

Article publié le vendredi 28 octobre 2016.


Jean 9

Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui firent cette question : Rabbi qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit aveugle ? Jésus répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché, mais c’est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui. il faut que je fasse tandis qu’il fait jour les oeuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, le suis la lumière du monde.

Après avoir dit cela, il cracha à terre et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle et lui dit : va et lave-toi au réservoir de Siloé ( nom qui signifie envoyé ). il y alla, se lava, et s’en retourna, voyant clair. Ses voisins et ceux qui auparavant l’avaient connu comme un mendiant disaient : N’est-ce pas là, celui qui se tenait assis et qui mendiait ? Les uns disaient : c’est lui. d’autres disaient : non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait : c’est moi. . Ils lui dirent alors : comment tes yeux ont-ils été ouverts ? Il répondit : l’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux et m’a dit : va au réservoir de Siloé et lave-toi. J’y suis allé et je me suis lavé, et j’ai recouvré la vue. Ils lui dirent : où est cet homme ? Il répondit : je ne sais.

Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle. Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. De nouveau , les pharisiens, aussi lui demandèrent comment il avait recouvert la vue Et il leur dit : il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé et je vois. Sur quoi quelques uns des pharisiens dirent : cet homme ne vient pas de Dieu car il n’observe pas le sabbat. D’autres dirent ; comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? Et il y eut division parmi eux.

Ils dirent encore à l’aveugle ; Toi que dis-tu de lui, sur ce qu’il t’a ouvert les yeux ? Il répondit : c’est un prophète.

Les Juifs ne crurent pas qu’il eut été aveugle et qu’il eut recouvré la vue jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents. Et ils les interrogèrent, disant : Est-ce là votre fils que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? Ses parents répondirent : Nous savons que c’est notre fils, qu’il est né aveugle, mais comment il voit maintenant ou qui lui a ouvert les yeux, c’est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l’âge, il parlera de ce qui le concerne. Ses parents dirent cela parce qu’ils craignaient les Juifs. car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu’un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue. C’est pourquoi ses parents dirent : il a de l’âge, interrogez-le vous-mêmes.

Les pharisiens interrogèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et ils lui dirent : Donne gloire à Dieu ; nous savons que cet homme est un pécheur. Il répondit : s’il est un pécheur, je ne sais ; je sais une chose c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois. Ils lui dirent : que t’a-t-il fait ? Comment t’a-t-il ouvert les yeux ? Il leur répondit : je vous l’ai déjà dit. et vous n’avez pas écouté : pourquoi voulez-vous l’entendre encore ? Voulez vous aussi devenir ses disciples ? Ils l’injurièrent et dirent : c’est toi qui es son disciple ; nous nous sommes disciples de Moïse/ Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais celui-ci, nous ne savons d’où il est. Cet homme leu répondit ; il est étonnant que vous ne sachiez d’où il est ; et cependant il m’a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs ; mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, c’est celui-là qu’il exauce. Jamais on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. Ils lui répondirent : tu es né tout entier dans le péché et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent.

Jésus apprit qu’il l’avait chassé et, l’ayant rencontré, il lui dit : crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit : et qui est-il ? , Seigneur afin que je crois en lui ? Tu l’as vu, lui dit Jésus et celui qui te parle c’est lui. Et il dit : je crois, Seigneur et il se prosterna devant lui.

Notre texte de ce matin est plus ou moins connu. Dans l’Evangile de Jean on parle de signe et non pas de miracle. On connaît l’histoire. Le récit est long mais nous allons le reprendre et le survoler en marquant de temps en temps, un arrêt sur un bout de phrase, une indication peut-être surprenante et j’espère savoureuse.

Jésus vient de faire un long discours, une controverse théologique avec les Juifs et leurs sages, les érudits et les scribes...

Et puis le chapitre commence par ‘’en passant’’. Episode important mais introduit par cette petite expression qui tendrait à dire que ce n’est pas important... Quand nous faisons des choses ainsi ‘’en passant’’, quand nous rencontrons des gens ‘’en passant‘’, quand nous les saluons, sommes nous parfois conscients qu’il se passe peut-être des choses plus importantes que ce ‘’en passant’’ pourrait le laisser croire ?.. .On regarde sans s’appesantir, on a rencontré ‘’en passant’’, un peu au hasard...... Pour Jésus il y a une présence et une attention même en passant, une occasion à ne pas manquer.

Un aveugle de naissance. C’est le seul aveugle de naissance qui soit ainsi défini dans les évangiles, comme si les autres étaient simplement malades de la vue. Celui-là n’a jamais rien vu, un aveugle total.

Mais pourquoi est-il aveugle ? réponse de l’époque : il y a du péché dans l’air, du mal là dessous... qui l’a commis ce mal ? lui ? ses parents ? Questions d’un autre âge ? Pas si sûr... N’avons-nous pas, nous aussi des réponses du même genre pour expliquer le sida par des dérèglements sexuels, le cancer du poumon par la cigarette et l’infarctus du myocarde par une nourriture trop riche et une vie sans exercice ?...

Jésus répond mais comme souvent à coté de la question en déplaçant la demande. Cet aveugle là, témoignera de la gloire et des oeuvres de Dieu et manifestera que Jésus est la lumière. Curieux programme pour un aveugle...

Mais voilà que Jésus mélange salive et terre au creux de ses mains. La salive avait déjà la réputation d’avoir des pouvoirs guérisseurs, ne suce-t-on pas ses plaies quand on se coupe un doigt ? Jésus mélange donc sa salive et de la terre, fait une bouille et en enduit les yeux de l’aveugle. Puis il lui ordonne d’aller se laver dans le réservoir de Siloé, un réservoir pas une source comme avec la Samaritaine...

Comment l’aveugle y va, n’est pas notre problème, mais il y va et en revient guéri. Notons le nom de ce réservoir de Siloé. Il y a une tour du même nom dans l’évangile de Luc avec la même question , celle de savoir si les 18 personnes qui sont mortes quand cette tour s’est effondrée étaient coupables. Avaient-elles fait quelque chose de mal, avaient-elles pêché ? Même lieu, même question et réponse identique de Jésus.

Mais Jean insiste sur le nom qui signifié ‘’envoyé’’ : un aveugle envoyé par Jésus, lui-même envoyé du Père ?... Jean ne précise pas mais on peut penser qu’il y a là un signe, un clin d’oeil pour nous dire que Jésus est l’envoyé qui va apporter la lumière dans le monde à travers le recouvrement de la vue par un aveugle-né.

Le miracle fait signe, c’est le même mot dans l’Evangile de Jean. Il nous dit quelque chose à propos de Jésus, car l’histoire ne fait que commencer.

Une telle histoire, ça fait causer ! les gens s’interrogent et questionnent Qui c’est celui-là ? N’était ce pas le mendiant que l’on voyait ? - non, c’est un autre, - si, c’est lui... et lui l’affirme c’est bien moi.

Et de raconter son histoire : la rencontre avec l’homme nommé Jésus, la boue, l’eau du réservoir de Siloé, et la vue toute neuve, toute lumineuse.. .et la foule elle aussi veut le voir, ce Jésus : où est-il ? Qui l’a vu ? Mais l’aveugle guéri n’en sait rien. Il est parti à Siloé et Jésus a du continuer sa route....

Du coup on amène l’ex-aveugle chez les pharisiens. Quand on ne comprend pas, on s’en réfère aux autorités, ceux qui savent, ceux qui représentent la loi... Nous ne le savions pas, mais nous l’apprenons : on est en plein sabbat... et on ne guérit pas un jour de sabbat surtout si il n’y a pas d’urgence et l’aveugle de naissance pouvait sans aucun doute rester un jour de plus dans sa cécité.

Quand on ne sait pas, on interroge.... C’est ce que font les pharisiens mais ils n’écoutent pas ce que raconte le miraculé. L’important pour ces hommes de loi, c’est la question du sabbat et de se demander comment un homme qui ne respecte pas cette règle sacro-sainte du sabbat pourrait être de Dieu ... mais pourtant il guérit. Comment un homme pécheur aurait-il un tel pouvoir. Quel dilemme, quelle embrouille ! ... Et ils ré-interrogent l’ex-aveugle. A noter que comme pour la femme de Samarie on ne sait pas son nom. Et il fait cette réponse : ‘’c’est un prophète’’. Première déclaration de l’homme qui ressemble à une confession de foi. Première étape de la reconnaissance de Jésus. Un prophète c’est un homme de Dieu, un homme ayant des pouvoirs étendus...

Ceux qui menaient l’interrogatoire ne sont pas convaincus et appellent les parents pour témoigner. Est-ce bien là votre fils ? comment se fait-il qu’il voit maintenant ? Les parents ne se mouillent pas trop : oui, nous sommes certains que c’est notre fils et qu’il est né aveugle mais comment cela se fait-il , nous n’en savons rien. Il est grand, nous dirions il est majeur, demandez-le lui... Apparemment ce n’est pas leur problème. pas un mot de joie ou de reconnaissance. Surtout pas d’ennuis et avec cette histoire ils risquent d’être dérangés et peut-être inquiétés. Demandez le lui, qu’il s’explique lui-même et le texte précise qu’ils parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs qui parlaient déjà d’exclure de la synagogue quiconque confesserait que Jésus est le Christ...

Surprenant cette histoire d’exclusion. Le texte dépeint une situation qui sera celle des chrétiens bien plus tard, quand en effet ils seront exclus de la synagogue... Ce sont ces petits détails qui permettent de dater la rédaction des textes des évangiles.

Puis une seconde fois les pharisiens interrogent l’homme qui avait été aveugle et lui proposent une sorte de marché : rends gloire à Dieu ! c’est à dire confesse-le, déclare qu’il est le Dieu-un d’Israël et ils ajoutent : nous nous savons que cet homme est un pécheur.

L’ancien aveugle aurait pu confesser Dieu et ne pas entendre la fin de la phrase. Toujours ces histoires de tentation qui font dire la moitié des choses et transforment ainsi la vérité.

Mais l’homme est têtu et ne marche pas dans la proposition qui aurait mis tout le monde d’accord. Il affirme donc : je ne sais pas s’il est pécheur, ce n’est pas mon problème et si c’est le vôtre, il ne me préoccupe pas, moi, ce qui m’importe c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois.

Alors ils lui demandent à nouveau : que t’a t-il fait ? L’interrogatoire va t-il reprendre ? Réponse de l’ex-aveugle : ‘’je vous l’ai déjà dit et vous n’avez pas écouté’’.. Combien de fois faut-il répéter les mêmes choses pour que les gens écoutent et entendent , pour que nous écoutions et que nous entendions...

Mais l’ancien aveugle devient de plus en plus assuré et à son tour il interroge : ‘’pourquoi vous intéresse t-il autant ? Voulez vous devenir ses disciples ?’’ Et la moutarde monte aux nez des pharisiens qui commencent à l’injurier et à lui dire que c’est lui qui veut devenir son disciple. Eux ils sont des purs, des juifs orthodoxes de la tradition de Moïse. Ils sont sûrs d’eux. et cet homme , ce soi-disant guérisseur on ne sait d’où il est. Pensez une homme qui n’observe pas le sabbat....

L’ex-aveugle est de plus en plus assuré. Il voit de plus en plus clair et il n’a plus rien à voir avec le mendiant du début. C’est donc plein d’assurance qu’il riposte aux pharisiens : c’est tout de même étonnant que vous ne sachiez pas d’où il vient alors qu’il m’a rendu la vue. C’est alors qu’il devient théologien et déclare : Dieu nous le savons n’exauce pas les pécheurs mais les hommes pieux et qui font sa volonté. L’ancien aveugle reconnaît l’arbre à ses fruits. ‘’un pécheur ne sera pas exaucé mais celui qui est pieux, qui honore Dieu qui le reconnaît (c’est le premier commandement ) et qui fait sa volonté, (aimer son prochain comme soi-même, c’est-à-dire le second commandement) , celui-là sera exaucé.

Comment un homme pourrait-il ouvrir les yeux d’un aveugle de naissance ? S’il n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire’’ ... Devant cette vérité qui sonne si juste, cette clairvoyance dans le jugement les pharisiens n’ont plus que l’arme de l’injure : ‘’toi, dont la naissance est marquée par le péché, cette fameuse cécité, tu viens nous faire la leçon...’’. Et après l’injure, le coup de force , ils le jettent dehors ...

Troisième acte Jésus revient. il a appris que l’homme avait été chassé et il vient le trouver. Un autre dialogue s’engage : ‘’crois-tu toi au Fils de l’homme ? ‘’ ... Curieuse question . Noter que Jésus ne parle pas de prophète, ni de Christ, encore moins de fils de Dieu mais du fils de l’homme. Celui qui vient, envoyé par Dieu pour réunir tous les humains et les faire participer à la vie en Dieu. ..

Mais l’ex aveugle voudrait en savoir un peu plus à son sujet. Depuis qu’il a recouvré la vue il fait des pas de géant dans la sagacité, la clairvoyance et le discernement... Alors Jésus lui déclare qui il est : ‘’tu l’as vu, c’est celui qui te parle...’’

Et l’homme alors voit vraiment, croit réellement. Il se prosterne et salue Jésus d’un : ‘’je crois Seigneur ‘’

Notons la progression des titres de Jésus : celui qui a rendu la vue, un prophète, le fils de l’homme puis le Seigneur ... Une vraie confession de foi de la part de l’ex-aveugle.

Jésus termine son discours par ces phrases un peu énigmatiques sur le jugement qu’il apporte dans le monde, la séparation entre ceux qui voient et ceux qui ne voient pas. Les premiers deviendront aveugles, tandis que ceux qui ne voient pas seront guéris. Leurs yeux s’ouvriront et ils pourront comprendre.

Le jugement c’est d’abord un tri, c’est séparer, et voir les choses telles qu’elles sont. Bien davantage qu’un jugement assorti d’un tribunal qui distribue des peines et des récompenses, c’est un dévoilement, une révélation de ce qui est et de ce qui porte déjà en soi son propre jugement, son propre devenir.

Jésus a guéri l’aveugle qui n’avait rien demandé. La grâce arrive avant que nous la demandions l’amour de Dieu est premier. Cet amour nous révèle nos manques, nos insuffisances, en un mot notre péché, ce qui nous fait toujours rater nos objectifs comme la flèche tordue rate son but. C’est la guérison qui fait prendre conscience à l’aveugle, de son aveuglement. C’est la rencontre de Jésus qui guérit du mal et du handicap. C’est alors que sa parole parle par la loi et les prophètes.

Et c’est l’étape suivante de la confession de foi de l’homme guéri. Pour lui Jésus est d’abord un prophète. La véritable définition du prophète n’est pas celui qui annonce des événements à venir, selon notre compréhension habituelle, mais surtout celui qui dit la vérité profonde des choses, celui qui dévoile la réalité ultime, celle de l’homme face à la grâce de Dieu, mais englué dans son mal et son péché.

Troisième étape, c’est Jésus lui-même qui la révèle : ‘’ connais-tu le fils de l’homme, celui qui vient pour rassembler tous les hommes et les conduire vers Dieu ?’’. C’est la dimension communautaire de toute guérison, ici celle d’un mendiant aveugle qui se met à voir et à penser clairement.

Alors arrive la dernière étape, celle confessée par l’homme guéri, debout, les yeux ouverts : ‘’tu es le Seigneur, c’est ce que je crois’’. Et alors parce qu’il était debout, il peut s’agenouiller, mais il a d’abord été relevé.

Et la confession est achevée, complète. Le chemin a abouti. Tout est devenu clair. Il a pu déjouer les railleries et les interrogatoires, les explications et les demandes, les arguties des pharisiens et la tentation d’une parole confuse mais arrangeante.

Par contre celui qui croit voir ne peut évidement pas faire cette expérience du dévoilement, et ne pourra donc pas arriver à la confession finale du ‘’je crois Seigneur’’

Revenons à la première déclaration de Jésus aux disciples, c’est par l’aveugle et sa guérison que la gloire de Dieu se manifeste. L’aveugle n’y est pour rien, ou presque rien car on peut noter qu’il a obtempéré à la demande de Jésus, d’aller se laver dans le réservoir de Siloé. Il aurait pu simplement se frotter les yeux. et voyant ou non retourner à son lieu de mendicité ... Non il a fait la démarche, et elle pourrait pour nous évoquer l’acte du baptême. Il a encore fait ce bout de chemin, n’y voyant toujours rien et de plus les yeux couverts de boue...

Mais quel émerveillement ensuite. Quel témoignage : la vision qui se fait de plus en plus nette, le dévoilement et la révélation de la personne du Christ à travers la progression des titres donnés, pour aboutir à la confession finale : je crois Seigneur ‘’

Amen

Pasteure Jeanne Somer-Goetland -Belgique.



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