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Le salut

Article publié le mercredi 15 juin 2016.


Le Salut .

Le Salut, ou être sauvé, qu’est-ce que ça signifie ?

Si nous ouvrons les dictionnaires ou les encyclopédies théologiques (1), nous voyons que ce terme a fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, le salut n’est pas un concept scientifique ou une connaissance. Il n’est pas lié à l’intelligence et à la raison. Il appartient au domaine de la foi. La foi reconnait que le salut est une personne qui intervient dans l’histoire de l’humanité et dont le nom signifie "Dieu sauve, Dieu libère" : c’est Jésus. En effet, Jésus relève le croyant de toutes les situations négatives de la vie (comme celle de la mort). Le Christ arrache le croyant de ses difficultés morales et spirituelles : il délivre du mal. En Christ, la mort et le mal de l’homme sont vaincus, et ceci dès maintenant.

D’où vient le salut ?

La Réforme est née autour de la question du salut. Martin Luther (2) a réaffirmé ce principe fondamental du christianisme que le salut de l’humain vient de la grâce divine seule. Le croyant, pécheur, ne peut rien faire pour se sauver de la mort, ni pour savoir distinguer le bien du mal. Une seule chose est nécessaire : croire en faisant pleinement confiance à Dieu. C’est par la foi en Christ seul que l’humain est sauvé de sa propre mort et de ses maux. Le fait de croire que le salut est un don ne rend pas l’humain passif, bien au contraire : sa foi le libère et l’encourage dans ce qu’il est appelé à faire. Son travail devient vocation. Aussi, le croyant témoigne de sa foi avec tolérance et humilité puisqu’il ne mérite rien pour son salut.

Devons-nous considérer qu’en dehors de notre institution ecclésiale, il n’y a pas de salut ?

Nos Eglises traditionnelles constatent une baisse de la pratique religieuse en leur sein, si bien qu’elles sont tentées parfois de se questionner sur leur raison d’être. Les études de sociologie religieuse montrent cependant que les humains se sentent concernés par la question du salut. L’individu d’aujourd’hui recherche beaucoup d’informations à propos du combat contre la mort et contre le mal. Il le fait cependant de manière individuelle. Il y a une individualisation des comportements humains face aux questions du salut. Aussi, les institutions ecclésiales traditionnelles ne sont plus reconnues comme les seules capables de dispenser le salut. Le protestantisme a eu un rôle dans ce changement de comportement : les réformateurs ont insisté sur le fait que la foi se nourrit uniquement de la Parole issue de l’Ecriture Sainte et des Sacrements institués par le Christ. Tous les autres moyens de salut proposés par l’Eglise catholique romaine étaient remis en question. Ce côté protestataire de la Réforme rappelait qu’aucune institution ecclésiale n’avait droit au monopole du salut. Le croyant devenait autonome et responsable par rapport à l’institution ecclésiale. Même si les réformateurs ont remis en question des dogmes de l’Eglise catholique romaine et ont favorisé l’idée d’un salut en dehors de cette institution ecclésiale majoritaire, ils ont cependant affirmé l’importance de l’Eglise du Christ : celle-ci se manifeste dans toute communauté où la Parole et les Sacrements sont donnés. Le croyant est donc libre par rapport à l’institution ecclésiale, mais il a besoin de se savoir appartenir à l’Eglise du Christ pour être libéré de soi.

Pour plus d’informations, voir : Antoine Nouis, Un catéchisme protestant, Lyon, Réveil Publication, 1997

(1) Jean-Yves Lacoste (dir.) Dictionnaire critique de Théologie, PUF, 1998 L’encyclopédie du protestantisme, Labor et Fidès-Cerf, 1995 (2) Lorsque nous parlons des réformateurs, nous nous reportons la plupart du temps à La foi des églises luthériennes, confessions et catéchismes, textes édités par André Birmelé et Marc Lienhard, Cerf et Labor et Fides, 1991

Matthias DIETSCH



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